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Cinquante ans après la guerre, le Japon doit-il présenter ses excuses? Le Premier ministre le souhaite, les nationalistes protestent rageusement.

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Publié le 30/05/1995 à 4h39

A l'approche des cérémonies du souvenir de la Seconde Guerre

mondiale, prévues en août et septembre au Japon et aux Etats-Unis, un débat douloureux fait rage au sein des trois partis de la coalition au pouvoir et de l'opinion publique sur les responsabilités du pays dans la guerre épouvantable qu'avaient livrée les soldats de l'empereur aux quatre coins de l'Asie entre 1937 et août 1945. L'extrême droite et les nationalistes du Parti libéral-démocrate ont sonné la mobilisation générale depuis le début de l'année, après l'annonce par le Premier ministre, le socialiste Tomiichi Murayama, de son intention de marquer le cinquantième anniversaire par une résolution solennelle adoptée au Parlement dans laquelle le Japon déclarerait renoncer à la guerre et présenterait ses excuses aux pays voisins pour les souffrances infligées. Le but recherché par les socialistes et une partie des conservateurs modérés est de parachever une fois pour toutes la réconciliation avec les pays voisins. L'objectif est aussi de soigner l'image d'un Japon en mesure de jouer le rôle politique plus grand qu'il ambitionne avec sa candidature déclarée à l'obtention d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.

Mais cette initiative semble bien mal partie. La polémique n'a cessé de s'amplifier. La Chine et la Corée du Sud ont exprimé leurs craintes d'une dérive dangeureuse face au concert de protestations des nationalistes pour qui une telle résolution «salirait à jamais l'histoire du Japon». Les argu

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