Menu
Libération

Les Serbes jouent sur les nerfs de l'ONU. Forts de leurs quelque 350 otages, ils resserrent l'étau sur Sarajevo.

Réservé aux abonnés

Publié le 31/05/1995 à 4h38

Les Serbes de Bosnie, qui détenaient toujours plus de 350 hommes de

l'ONU en otages, ne semblaient guère impressionnés hier par les condamnations internationales et l'envoi de renforts occidentaux. Six Casques bleus français et vingt-cinq russes ont toutefois été libérés dans la journée. Mais, auparavant, les troupes de Radovan Karadzic avaient capturé sept Ukrainiens et refusé que les corps des deux Casques bleus français tués samedi à Sarajevo, ainsi que sept soldats blessés, soient évacués par avion. Le convoi a pu finalement quitter la capitale bosniaque par la route.

Bafouant la zone d'exclusion autour de Sarajevo, les Serbes bosniaques ont par ailleurs redéployé plusieurs armes lourdes et installé un nouveau poste de commandement. Après s'être emparés d'au moins 16 blindés du contingent français, pour la plupart samedi et dimanche, ils les conduisaient hier dans les environs de Sarajevo, certains revêtus d'uniformes français. Les Serbes, a indiqué la Forpronu, ont aussi pris ou détruit la majorité du matériel de l'ONU dans les neuf points de rassemblement d'armes lourdes qui étaient gardés par les Casques bleus à Sarajevo.

Apparemment résolus à jouer sur les nerfs de la communauté internationale, leurs leaders ont multiplié les déclarations tantôt incendiaires, tantôt modérées. Le «président du Parlement» des Serbes de Bosnie, Momcilo Krajisnik, s'est ainsi déclaré «pour des négociations et le dialogue». Peu avant, réagissant à la prise de position du «groupe de contact»

Dans la même rubrique