Nairobi,
correspondance Les premiers résultats de l'enquête interne lancée par le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) qui dispose d'un budget de près de 1 milliard de dollars par an viennent de révéler sans doute la plus grosse fraude de l'histoire de l'organisation. Ce n'est pas tant l'ampleur des malversations découvertes au sein du bureau de Nairobi, responsable pour les opérations au Kenya, qui ébranle aujourd'hui l'Unicef, mais plutôt la mise en place d'un véritable réseau de fausses facturations à travers une foule d'ONG bidons.
Huit membres du personnel ont déjà été renvoyés en décembre et quinze autres, dont les deux ex-directeurs, sont accusés de graves erreurs de gestion ayant occasionné pour 9 millions de dollars de pertes et pour 1 million de dollars de fraudes. «Il ne faut pas se voiler la face, affirme Antoine Carvalho, porte-parole pour l'Unicef en Afrique, basé à Nairobi, c'est le plus gros pépin financier de notre histoire.»
C'est par hasard qu'a été découvert le pot aux roses. En janvier, l'Unicef lance un second audit, sur Nairobi. Et le 24 mai, le directeur, le Jamaïcain Joseph Christmas, et l'ex-directeur, l'Irlandais Vincent O'Reilly, patron des opérations en Angola, sont suspendus, ainsi que le porte-parole, James Carlton. Ils ont quelques semaines pour répondre aux charges qui leur sont reprochées.
Comment les Zorro de l'humanitaire, réputés incorruptibles, en sont-ils arrivés là? 1993-1994 ont été des années chargées pour les ONG actives en




