Tokyo, correspondance
Un symbole de plus du Japon champion de l'innovation et des technologies est tombé avec l'annulation, le 31 mai, par le nouveau gouverneur de Tokyo, d'un projet pharaonique d'exposition qui devait, à partir de mars l'an prochain et pendant neuf mois, montrer au monde le nec plus ultra de la technologie et du savoir-faire du pays du Soleil-Levant. Élu le 9 avril, Yukio Aoshima avait fait de l'annulation de cette expo coûteuse l'un de ses principaux thèmes de campagne. Le candidat, un comédien devenu politicien, avait dénoncé ce pur produit des années folles de la spéculation boursière et immobilière de la fin des années 80. L'exposition Tokyo World City Expo, affirmait-il, constituait «un gaspillage inutile des deniers des contribuables».
Son élection surprise avait jeté un froid dans les milieux d'affaires et les couloirs des grands ministères. 13 grands groupes japonais, 122 municipalités et préfectures du Japon, de même que 46 villes dans le monde, y compris Paris, avaient annoncé leur participation à ce projet évalué à 2,4 milliards de dollars. Les pressions s'étaient accumulées sur le nouveau gouverneur pour le faire changer d'avis. Des hauts fonctionnaires l'accompagnèrent sur les lieux: 448 hectares gagnés sur la mer où gratte-ciel et routes sont déjà sortis de terre. En vain. Contre toute attente, Yukio Aoshima a passé outre un vote de l'Assemblée de Tokyo qui s'est prononcée par une majorité de 100 élus contre 23 pour le maintien de l'exposition.




