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Libération

Des cerveaux dans la secte

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De jeunes étudiants en sciences ont fourni le gros des bataillons d'Aum.

ParFrédérique AMAOUA
Tokyo, de notre correspondante
Publié le 06/06/1995 à 5h39

Ils appartenaient à l'élite du Japon technologique et scientifique. Nombre d'entre eux attendent aujourd'hui leur inculpation pour meurtre ou complicité de meurtre dans les attaques au gaz toxique perpétrées par la secte Aum vérité suprême dans le métro de Tokyo. Lieutenants du gourou de la secte, Shoko Asahara, ils ont été formés dans les universités les plus prestigieuses du Japon. Promis à un bel avenir, ils étaient censés assurer la relève de l'élite du pays, mais ils se sont au contraire engagés au service d'un millénarisme illuminé qui leur promettait la lévitation et autres recettes magiques pour échapper à l'Apocalypse imminente promise par le gourou. Il y a, parmi eux, des experts en biotechnologie, comme Seiichi Endo, diplômé de l'université de Kyoto, 34 ans, qui était à la tête du «ministère de la Santé» de la secte. Des chimistes, comme Masami Tsuchiya, 30 ans, sorti de l'université de Tsukuba, ou des médecins, comme Ikuo Hayashi, cardiologue diplômée de l'université de Keio, directeur de l'hôpital de la secte et accusé d'avoir déposé du sarin dans le métro de Tokyo, le 20 mars dernier...

Les anciens professeurs de Masami Tsuchiya à l'université de Tsukuba n'en reviennent toujours pas: le jeune homme était l'un des étudiants les plus doués de sa promotion. Tout comme Endo, Tsuchiya a admis, selon la police, avoir produit du sarin à la demande du gourou. Une brillante carrière universitaire l'attendait. Mais, une fois diplômé, il s'est laissé tenter par les opportu

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