La coalition au pouvoir à Tokyo s'est finalement mise d'accord de
justesse hier sur la formulation d'une motion d'«excuses» que le Japon doit adresser aux autres pays asiatiques lors du cinquantième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre du Pacifique (15 août 1945). Ce projet de résolution doit être soumis au Parlement avant la fin de la session, le 18 juin prochain. Faute de compromis, la coalition risquait d'éclater.
Le camp socialiste composé du Parti social démocrate (SPD) et le nouveau parti Sakigake et les conservateurs du Parti libéral-démocrate (PLD) s'entredéchirent depuis plus d'une semaine au sein de l'alliance politique qui les réunit sur le contenu de ce texte. Il permettra aux anciennes victimes de l'empire de juger de la volonté réelle ou non de Tokyo de tirer un trait sur son histoire coloniale et expansionniste. Il sera examiné avec un soin très particulier par la Chine et la Corée, où les plaies de l'occupation nippone ne sont toujours pas refermées. Les toutes récentes déclarations de l'ancien ministre japonais des Affaires étrangères, Michio Watanabe, selon qui l'annexion de la Corée par le Japon, en 1910, s'était effectuée «de manière amicale» ont provoqué hier de violentes protestations de Séoul. Ce genre d'interprétation historique est courante au Japon, suscitant à chaque fois les protestations des pays voisins.
La teneur de la motion, qui avait été à l'origine proposée par les socialistes, n'a pas été révélée. Les mots




