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COULISSES TOKYO : Le lobby militaire à l'offensive

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Publié le 09/06/1995 à 5h33

Le Japon, qui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale s'était

interdit toute exportation d'armes, s'achemine discrètement vers la levée de ce tabou. Le puissant lobby de l'armement, composé des fleurons de l'industrie japonaise, mène une campagne efficace auprès du gouvernement pour faire sauter ce verrou. Le Keidanren, la grande centrale patronale, a présenté tout récemment une pétition au directeur général (ministre) de l'Agence de Défense, Tokuichiro Tamazawa, invitant le cabinet du Premier ministre Tomiichi Murayama à réfléchir sur une libéralisation progressive des règlements en matière de coopération militaire avec l'étranger. L'argument est simple: l'industrie de défense nippone est menacée à court terme d'asphyxie du fait de la baisse continue des contrats d'armements pour les forces armées japonaises, conséquence de la fin de la guerre froide. Le Japon risque d'y perdre son avance technologique. Pour le Keidanren, il s'agit donc ni plus ni moins de l'indépendance stratégique au siècle prochain. Prudent, le président de la commission à la Défense du patronat, Yotaro Iida, se contente de demander dans un premier temps un feu vert pour les exportations de matériels militaires vers les Etats-Unis, premier fournisseur d'armements du Japon. Le même Iida est également président du géant Mitsubishi Heavy Industries, l'un des plus grands contractants militaires du Japon. Il a été soutenu dans sa démarche par plusieurs parlementaires du Parti libéral-démocrate (PLD), forma

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