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Cinquante ans après la capitulation. Les remords de Tokyo jugés ambigus en Asie

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Publié le 10/06/1995 à 5h32

Le Parlement nippon a adopté vendredi une résolution exprimant les

«profonds remords» du Japon pour les atrocités commises en Asie entre 1910 et 1945. Cependant, le caractère vague et ambigu du compromis trouvé entre les partis au pouvoir a aussitôt suscité des réactions hostiles dans la région. Evitant avec soin de présenter le Japon comme le seul coupable, la résolution parle des «nombreux exemples de régimes coloniaux et d'actes d'agression commis dans l'histoire» contemporaine.

Adopté pour marquer le cinquantième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, le document rappelle «les souffrances indicibles infligées aux peuples d'autres pays, en particulier en Asie», le Japon prenant l'engagement d'apprendre «humblement la leçon de l'histoire».

Le Premier ministre socialiste Tomiichi Murayama s'est déclaré «très ému» par le passage de cette résolution pour laquelle il s'était battu. Il n'empêche: les nationalistes du parti libéral-démocrate, formation conservatrice qui détient de loin la majorité au sein de la coalition gouvernementale, ont eu gain de cause car nulle part ne figure le mot «excuses». Cette lacune et la description du Japon comme un agresseur parmi d'autres a suscité un tollé. L'agence officielle Chine nouvelle a dénoncé «l'incapacité du Japon à adopter une attitude claire sur la guerre dont il est acquis qu'elle a été une agression». Les réactions de la Corée du Sud et de la Corée du Nord ont été plus dures encore. Les Philippines ont estimé que le

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