«Du calme, ne me tuez pas, je suis un homme de paix.» L'individu qui
sort mains en l'air du placard où l'ont débusqué des soldats d'élite, dans une luxueuse villa de Cali, n'a pas le physique de sa renommée. Gilberto Rodriguez Orejuela, 56 ans, des allures de rentier bedonnant, est pourtant l'un des malfaiteurs les plus recherchés de la planète, le plus influent des barons du «cartel de Cali», une association de narcotrafiquants responsable à elle seule, selon l'agence anti-drogue américaine (DEA), de l'introduction de 80% de la cocaïne consommée aux Etats-Unis.
Les commandos du Bloc de recherche, une unité spécialisée dans la lutte contre les trafiquants, ont arrêté Gilberto Orejuela vendredi à 16h30, au terme d'une traque déclenchée le 10 mai par le président Ernesto Samper. Vingt-neuf heures plus tard, à Medellin, une explosion hache la foule du samedi soir qui baguenaude dans le nouveau parc d'attractions permanent de la ville. Les blessés affluent vers les hôpitaux débordés. La radio lance des appels aux donneurs de sang: «Nous en avons besoin d'une immense quantité...» On dénombre 27 morts «nous ne savons même pas si ce sont des hommes ou des femmes», dit un infirmier et plus de 210 blessés. La bombe était faite pour tuer: 10 kilos de dynamite truffée de mitraille.
Personne n'avait encore, hier soir, revendiqué l'attentat. «Les victimes, s'est indigné le général Salgado, chef de la police locale, étaient d'origine modeste et cette attaque est absurde.» Le maire de Me




