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Libération
Reportage

Aung San Suu Kyi, lumière des ténèbres birmanes. La dissidente est en résidence surveillée depuis 1990.

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Publié le 19/06/1995 à 5h28

Rangoon, envoyé spécial

Placée en résidence surveillée depuis le 20 juillet 1989, Aung San Suu Kyi, 49 ans, figure de proue du mouvement démocratique en Birmanie, prix Nobel de la paix 1991, vit dans un dénuement total dans sa maison au bord du lac Inya, au coeur de Rangoon. Des milliers de Birmans passent chaque jour devant sa demeure. Tous feignent l'indifférence, respectant la ligne de conduite imposée par le Slorc (Conseil d'Etat pour la restauration de l'ordre et de la loi), la junte militaire au pouvoir depuis 1988. Prononcer le nom de la dissidente attire inévitablement l'attention des services de sécurité de l'armée. Evoquer son sort mène directement à la prison d'Insein, à Rangoon, répertoriée par Amnesty International comme étant l'un des principaux centres de torture du pays. Son élargissement n'est toujours pas à l'ordre du jour.

«Pour l'instant, il n'y a rien à faire. Aung San Suu Kyi est emprisonnée, l'armée quadrille le pays et le Slorc gouverne...», explique un médecin de Rangoon, résumant le sentiment de résignation parmi la population birmane. «Les gens se rendent compte qu'il n'y a aucune alternative. Ils essayent de composer avec le système pour survivre, tout en espérant que la situation évoluera», poursuit ce médecin, qui reconnaît qu'il en fait autant en acceptant de travailler sous les ordres de médecins militaires. Comme la majorité des habitants de la capitale, il avait pourtant participé aux manifestations prodémocratiques de 1988, réprimées dans l

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