60.000 déplacés disparus au Rwanda
Deux mois après la tuerie du camp hutu de Kibeho, des milliers de réfugiés manquent à l'appel.
Kigali, envoyé spécial L'ordinateur de l'Integrated Operation Centre (IOC), la centrale humanitaire des Nations unies, crépite vingt-quatre heures sur vingt-quatre, alignant les additions à la seconde où tombent les nouvelles. Ici sont collectés des chiffres précis, communiqués par les agences onusiennes, les organisations non gouvernementales (ONG) et l'administration rwandaise, qui comptabilisent les mouvements de populations, les enregistrements de nouveaux déplacés dans les communes, les distributions de nourriture. Depuis la fermeture chaotique des camps de déplacés internes, en majorité hutus, par l'Armée patriotique rwandaise (APR) le 18 avril dernier, qui a coûté la vie à plusieurs milliers de personnes, l'IOC tente de suivre le parcours de ceux qui ont été forcés de fuir, en principe de retour dans leurs communes. Mais la banque de donnée de l'IOC a beau faire et refaire ses comptes, son total reste sempiternellement le même: 60 000 déplacés se sont volatilisés dans la nature.
«Nous ne savons tout simplement pas où sont passés ces gens», confirme Randolph Kent, directeur du Bureau de coordination humanitaire des Nations unies au Rwanda (Unreo). Selon l'Unreo, qui a recoupé ses estimations grâce aux distributions de rations alimentaires, les camps de déplacés internes du sud-ouest du Rwanda comptaient entre 140 000 et 180 000 personnes. Deux




