Tokyo, correspondance
Dans le métro de Tokyo, la vigilance s'organise. Obnubilés par la crainte d'un nouvel attentat au gaz relancée par la découverte de deux nouveaux engins mardi et mercredi, les millions d'habitants de la région de Tokyo n'ont pas d'autre choix que d'emprunter quand même le métro ou le train chaque jour pour se rendre à leur travail. La plupart se résignent donc à leur sort, mais dans le pays qui avait il y a peu encore la réputation méritée d'être le plus sûr du monde, ils adoptent peu à peu des réflexes nouveaux afin de mieux se préparer à faire face au cas où l'horreur devrait à nouveau frapper.
«Moi, lorsque je monte dans un wagon de métro, je commence maintenant par regarder autour de moi pour m'assurer qu'il n'y a pas d'objet suspect», souligne Shinya Uchida, un employé de 24 ans. «L'exercice n'est pas facile, car la paranoïa gagne, et j'ai parfois tendance à voir des paquets suspects partout», ajoute-t-il. Mardi soir, lorsque quelqu'un dans la station de métro de Kayabacho a crié: «Partez vite, vite, il y a du poison!», il y a eu quelques hurlements de peur. De nombreux voyageurs se sont précipités vers les deux sorties. «J'ai couru, couru à en perdre le souffle, j'ai cru que l'on avait prononcé le mot sarin», déclare une jeune femme de 28 ans, employée d'une boutique de cette station de métro.
Globalement pourtant, les mouvements de panique sont rares. Mais la peur est palpable. Le changement a été trop brutal pour une population qui était habituée à




