Rangoon, envoyé spécial
L'armée birmane emploie effectivement des centaines de villageois pour construire des infrastructures et assurer la logistique des unités chargées de la protection du chantier du gazoduc dont l'entreprise française Total est le maître d'oeuvre. Travailleurs humanitaires et diplomates occidentaux en poste à Rangoon confirment que les hameaux situés de part et d'autre du tracé du pipeline, au sud de l'Etat mon, doivent fournir un quota de «travailleurs volontaires». Ils bâtissent des campements pour l'armée, défrichent des voies d'accès. D'autres portent les caisses de munitions des soldats en patrouille. Ces informations de sources indépendantes confirment les accusations des réfugiés birmans et mon, qui, fuyant le travail forcé, sont arrivés récemment en Thaïlande.
Cette mobilisation d'une main-d'oeuvre forcée s'accélère, et cela malgré la mousson, affirment ces mêmes sources. Pour cause, l'armée birmane renforce sa présence dans la région depuis qu'un commando de la guérilla karen a tendu, le 17 mars, une embuscade à une équipe de Total chargée du relevé de terrain, tuant cinq employés birmans et en blessant grièvement onze autres. L'opération aurait été décidée localement par l'état-major de la 4e brigade de l'Armée nationale de libération karen (KNLA), sans le feu vert de la direction de la guérilla. Ce qui explique que l'attaque n'a toujours pas été revendiquée. Alignant moins d'un millier de combattants, la 4e brigade alterne coups de main contre




