Menu
Libération
Interview

Aung San Suu Kyi: «Tout est négociable»

Réservé aux abonnés

La dissidente birmane est prête à discuter de tous les problèmes avec la junte.

ParAlain LEBAS
Rangoon, envoyé spécial
Publié le 25/07/1995 à 6h48, mis à jour le 25/07/1995 à 6h48

Figure de proue du mouvement démocratique en Birmanie, prix Nobel de la paix 1991, Aung San Suu Kyi, 50 ans, a été libérée le 10 juillet par le Slorc (Conseil d'Etat pour la restauration de la loi et l'ordre, nom officiel de la junte birmane), après six années d'assignation à résidence à son domicile de Rangoon. Son élargissement était sans conditions. La dissidente a reçu vendredi deux journalistes, dont l'envoyé spécial de Libération, dans sa maison des bords du lac Inya, au 54 University Avenue.

Comment allez-vous engager le dialogue avec le Slorc et quels seront les sujets de discussion?

Nous souhaitons établir un cadre de discussion pour parler des problèmes du pays et expliquer nos objectifs. Nous sommes prêts à discuter de toutes les questions concernant les intérêts de la nation. Dialoguer est la meilleure forme de confrontation. Il y a d'autres formes de confrontation qui peuvent être violentes et que nous voulons éviter. Nous sommes en désaccord avec le Slorc sur un certain nombre de choses et nous voulons les régler autour d'une table de négociations.

Le Slorc prépare une nouvelle Constitution qui accorde à l'armée 25% des sièges du Parlement. Etes-vous prête à l'accepter telle quelle?

C'est une des raisons pour lesquelles nous voulons ouvrir un dialogue. Nous avons toujours dit que la Constitution doit être rédigée en accord avec la volonté du peuple. Tout le monde, les partis, les institutions, y compris l'armée, a un rôle à jouer

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique