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Libération

Hiroshima, mémorial antinucléaireLa ville martyre a honoré les morts de 1945.

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Publié le 07/08/1995 à 7h38

Tokyo, de notre correspondante

Quinze mille colombes lâchées dans le ciel, le bruit sourd d'une lourde cloche en bronze, des dizaines de milliers de personnes recueillies: à 8h15 hier matin, à l'heure où, il y a cinquante ans, le bombardier americain B-29 Enola Gay larguait la bombe atomique «Little Boy», la ville d'Hiroshima a célébré en silence le souvenir de ses morts.

Selon les chiffres officiels, près de 100.000 personnes ont assisté à l'événement, de loin le plus grand rassemblement depuis le début des commémorations. Des «hibakusha», comme on appelle les survivants de la bombe en japonais, avaient été invités de Chine, d'Indonésie, de Malaisie et même des deux Corées. Au signal, la ville s'est immobilisée, les voitures ont coupé le contact. Tandis qu'aux abords du Mémorial pour la paix, plusieurs centaines de militants antinucléaires choisissaient de marquer l'événement à leur manière, en se laissant tomber par terre pour symboliser l'anéantissement de la ville. Il y a cinquante ans, Hiroshima fut entièrement rasée et incendiée, transformée en immense terrain vague où périrent 140.000 personnes, brûlées par l'explosion ou, plus tard, des suites des radiations.

Pour le gouvernement japonais, comme pour le maire d'Hiroshima, cette commémoration a été l'occasion de plaider une fois de plus en faveur de l'élimination des armes nucléaires. Les autorités ont fustigé l'attitude de la Chine et surtout de la France pour la reprise des essais nucléaires (Lire également page 12). D

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