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Libération

COULISSES MANILLELa France «traître» en Asie

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Publié le 09/08/1995 à 7h47

Les pays qui ont oeuvré à la mise en place d'un traité global de

non-prolifération nucléaire «se sentent trahis» par la France, a estimé hier le chef de la diplomatie philippine. Manille n'est pas le premier à taxer la France de «trahison». Lancée par le Japon au lendemain de l'annonce par Chirac de la reprise des essais nucléaires (13 juin), l'accusation a été réitérée par de nombreux pays, telle l'Indonésie, qui a parlé de «rupture de confiance». L'indignation déclenchée par la décision française va au-delà des considérations de politique intérieure des nations d'Asie-Pacifique ou des inquiétudes sur l'environnement.

Un sentiment de «duperie» domine chez les gouvernements. Plus particulièrement chez ceux qui n'étaient pas au premier abord en faveur de l'adoption, le 11 mai aux Nations unies, de la prorogation «pour une durée indéfinie» du Traité de non-prolifération (TNP) de 1970. Une motion indonésienne, parrainée notamment par la Malaisie et la Thaïlande, proposait à l'origine une prorogation du TNP par périodes de vingt-cinq ans renouvelables, afin de maintenir un moyen de pression sur les cinq puissances du club nucléaire dont la France fait partie. Une adoption «consensuelle» (sans vote) de la prorogation indéfinie du TNP étant de l'avis général «essentielle», il a fallu convaincre ces pays de la bonne foi des «cinq»; notamment sur leur engagement d'exercer «le maximum de retenue» dans leur programme d'essais nucléaires d'ici à leur interdiction totale, souhaitée pour 1

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