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Nagasaki, le souvenir et la protestationLes appels contre les essais français ont été au coeur des cérémonies, hier.

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Publié le 10/08/1995 à 7h33

Tokyo, de notre correspondante

Les cérémonies d'anniversaire du lancement de la bombe atomique sur Nagasaki, le 9 août 1945, ont fourni hier aux dirigeants japonais une nouvelle occasion de s'élever contre les essais nucléaires français et chinois (lire également page 11). Le Premier ministre socialiste, Tomiichi Murayama, a répété, comme à Hiroshima il y a trois jours, son hostilité à la poursuite des essais. «En tant que Premier ministre du seul pays qui ait fait l'expérience de l'horreur de la bombe, je voudrais exprimer ma profonde répulsion à l'égard de ces essais et je jure, devant les âmes de ceux qui ont péri, de saisir toutes les opportunités pour oeuvrer en faveur du désarmement nucléaire», a-t-il déclaré face à l'immense chapiteau de toile blanche qui abritait les nombreux invités de la cérémonie.

«Le Japon saisira toutes les occasions pour convaincre tous les pays du monde de travailler dans ce sens», a ajouté Murayama. Un credo repris encore plus nettement par le ministre des Affaires étrangères, Yohei Kono, qui s'en est surtout pris à la France. La décision de Paris de reprendre les essais nucléaires «pourrait compromettre les relations bilatérales entre nos deux pays», a-t-il lancé.

Comme chaque année, la cérémonie commémorative de Nagasaki s'est faite volontairement plus discrète et a attiré moins de monde qu'à Hiroshima. Quelque 30.000 personnes ont assisté aux cérémonies (ils étaient plus de 60.000 à Hiroshima). Alors que la bombe atomique au plutonium ­ bapt

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