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Interview

Souvenirs d'un tortionnaire repenti. Yoshio Shinozuka testait les armes biologiques sur des détenus.

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Publié le 16/08/1995 à 7h24

Tokyo,de notre correspondante

Ancien membre de l'Unité 731, Yoshio Shinozuka,72 ans, vit aujourd'hui dans un joli pavillon de la banlieue résidentielle de Chiba, à une heure de Tokyo. Il a participé l'an dernier à l'organisation de l'exposition itinérante sur les crimes de l'Unité 731 qui a attiré des dizaines de milliers de visiteurs à travers tout le Japon. Il est l'un des très rares repentis qui acceptent aujourd'hui de témoigner sur les horreurs commises par l'armée japonaise en Chine.

Comment vous êtes-vous retrouvé membre de l'Unité 731?

A l'âge de 16 ans, en avril 1939, je me suis engagé dans l'armée impériale et j'ai rejoint l'unité des jeunes soldats. J'ai été affecté à l'Ecole médicale de l'armée, située à Toyama, dans le quartier de Shinjuku à Tokyo. Au moment de sa destruction en 1989, des ossements d'une centaine de corps, dont beaucoup portaient des traces de sévices, ont été découverts.

Le laboratoire spécialisé dans la recherche bactériologique et la prévention des maladies était dirigé par un éminent bactériologiste, Shiro Ishii. C'est lui qui a créé en 1935 l'Unité 731. Il a recruté surtout des jeunes, entre 16 et 18 ans. J'ai été presque aussitôt muté à Harbin, en Manchourie, où était installé le quartier général de la très secrète Unité 731. A l'époque, elle ne s'appelait d'ailleurs pas ainsi. Officiellement, il s'agissait du département spécialisé dans la prévention des épidémies et l'approvisionnement en eau des troupes japonaises. Plus tard, on l'appeller

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