Rio,
de notre correspondant Retrait stratégique ou départ en pré-retraite? En refusant dimanche de «rempiler» à la présidence du Parti des travailleurs (PT), dont il est aux yeux de tous les militants le père fondateur, Luis Inacio «Lula» da Silva, l'ancien leader syndical des métallos de Sao Paulo devenu l'un des ténors de la politique brésilienne, a en tout cas fait un pas vers une sortie que beaucoup jugent irréversible.
Candidat malheureux aux deux dernières élections présidentielles, en 1989 et 1994, Lula avait manifesté, après sa déroute en octobre dernier face à Fernando Henrique Cardoso, une amertume proche du découragement. Son successeur vient d'être désigné au terme d'un scrutin houleux au cours de la Xe Rencontre nationale du PT qui s'est tenue ce week-end à Guarapari (Etat d'Espirito Santo). Il s'agit de l'ancien député fédéral de Sao Paulo, José Dirceu, 49 ans, qui a pris les rênes d'un parti plus que jamais livré à la guerre des courants.
C'est d'ailleurs sur une crise de larmes, que ce «modéré», ex-militant d'extrême gauche emprisonné sous la dictature militaire (1964-1985), a assumé sa victoire à l'arraché face au candidat des «radicaux», Hamilton Pereira. Lors de la proclamation des résultats, un délégué trotskiste l'a en effet publiquement accusé d'avoir reçu des fonds d'une société de travaux publics impliquée dans plusieurs affaires de financement occulte de campagnes électorales. L'échauffourée fratricide a été évitée de justesse, mais les plaies sont déso




