La «Venise de l'Orient» terrassée par la pollution
Bangkok , victime d'une croissance incontrôlée, vient d'être classée «ville la plus polluée du monde».
Bangkok, de notre correspondant Il est à peine 6 h du matin, mais les grands boulevards de la capitale thaïlandaise sont déjà envahis par des dizaines de milliers de voitures et de camions qui disputent la chaussée aux «tuk-tuk» (tricycles) et à des hordes de motos pétaradantes. Les usagers attendent leurs bus en se bouchant le nez. Les agents de la circulation portent lunettes et masques pour se protéger de la poussière. La circulation au centre-ville est de 10 km/h en moyenne. Passé 8 h, elle ne dépasse pas les 5 km/h. Sur l'«express way», la soi-disant voie rapide qui coupe d'un trait vertical la capitale thaïlandaise sur plus de 30 kilomètres, elle est quasi paralysée. Les automobilistes l'ont d'ailleurs rebaptisée «sky parking», le parking aérien. Pour les banlieusards, la circulation est un cauchemar quotidien. Il leur faut compter en moyenne deux heures de voiture pour se rendre au travail, et trois heures en bus à travers des nuées de carbone-monoxide, de sulfure, de plomb...
«J'arrive au bureau complètement exténuée. J'ai les yeux qui pleurent et le visage noirci par la fumée», explique une secrétaire qui utilise le bus. «Si je dois faire Silom Road (une des principales artères commerciales de Bangkok), j'arrive plus vite à pied qu'en voiture», renchérit son patron qui se déplace en berline climatisée. Pour gagner du




