Tokyo,
de notre correspondante «Jusqu'ici, ça va encore. Mais on n'est plus très loin de l'escalade...» Ces propos alarmistes d'un homme d'affaires francais résument assez bien le sentiment qui règne au Japon depuis le premier essai nucléaire. Les mouvements de protestation à travers le pays prennent chaque jour un peu plus d'ampleur. Si la mobilisation avait été faible au lendemain du premier test, et reste moindre par rapport à d'autres pays, elle semble aujourd'hui s'organiser. Vendredi, près de 1.000 personnes ont défilé devant l'ambassade de France à Tokyo. Quelques centaines de personnes ont également participé à des manifestations organisées par l'association des consommateurs japonais, à Roppongi, le quartier le plus cosmopolite de la capitale, trois jours d'affilée.
Sans retirer les produits français de la vente, certaines enseignes les ont mis «en quarantaine» avec, bien en évidence, des affichettes appelant au boycott. Effet dissuasif garanti pour le consommateur. La chaîne de magasins discount Big Camera, qui s'est déja fait une bonne publicité pour avoir, la première, appelé au boycott, a déroulé ce week-end une large banderole à l'entrée de son magasin principal dans le quartier d'Ikebukuro: «Nous sommes contre les essais nucléaires. Participez au boycottage des produits francais.»
Jusqu'ici l'exemple de Big Camera était encore un cas isolé. Mais dans la préfecture d'Hiroshima, l'association des restaurateurs et cafetiers a appelé ses 7.000 adhérents à cesser la




