Chiang Maï, envoyé spécial
«L'Asie connaît un début d'épidémie de sida. Cette année, sur les 2,5 millions de personnes qui seront infectées dans le monde, la moitié sera asiatique.» Le docteur Peter Piot, directeur du programme des Nations unies sur le sida (Unaids), a donné le ton hier à l'ouverture de la IIIe Conférence sur le sida en Asie-Pacifique qui se réunit à Chiang Maï, en Thaïlande, jusqu'au 21 septembre. Quelque 1.500 experts, chercheurs et médecins, ainsi que des responsables de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des travailleurs humanitaires vont faire le point sur la pandémie. Au programme, les politiques de prévention et les problèmes socio-économiques qui frappent les pays asiatiques les plus touchés.
L'épicentre de l'épidémie se déplace actuellement du continent africain vers le continent asiatique. Selon l'OMS, l'Asie abriterait aujourd'hui environ trois millions de séropositifs, soit un million de plus qu'il y a un an. Le continent pourrait compter jusqu'à dix millions de séropositifs à la fin du siècle. La prostitution demeure, de loin, la principale cause de propagation du virus en Asie du Sud et du Sud-Est. L'Inde est le premier pays asiatique touché, avec plus de deux millions de cas de séropositivité. Suivent la Thaïlande (800.000 séropositifs, 34.000 malades) et la Birmanie (250.000 séropositifs). En l'absence de données nationales, l'Inde ne compte officiellement que 1.000 malades. Mais l'OMS estime que leur nombre serait de plusieurs dizain




