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Libération

Tentative de presse indépendante à Cuba

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Publié le 21/09/1995 à 7h50

Premier média indépendant depuis la révolution castriste à Cuba, le

Bureau de presse indépendant de Cuba (BPIC) a diffusé sa première dépêche le 19 septembre. Son président, le journaliste Yndamiro Restano, a l'ambition de faire du BPIC une agence diffusant des informations «objectives» sur l'actualité cubaine.

Ses amis redoutent la réaction des autorités, qui n'ont jamais toléré d'autres organes de presse que les médias d'État. Yndamiro Restano a déjà été condamné en mai 1992 à dix ans de prison pour «rébellion» parce qu'il animait un groupe de défense de la liberté d'expression, Armonia. Il a été libéré le 1er juin dernier, sur pression de Reporters sans frontières et après intervention de France-Libertés, l'association humanitaire de Danielle Mitterrand. Puis Restano a passé l'été en France où il a réuni, comme caution intellectuelle à son entreprise, un comité de soutien où l'on compte notamment Régis Debray et Gilles Perrault.

De retour à La Havane, Restano a été arrêté quelques heures samedi, dans une ultime manoeuvre d'intimidation. L'article diffusé mercredi n'en a pas moins une tonalité ouvertement critique. A propos de la nouvelle loi facilitant les investissements étrangers dans l'île, Restano écrit en effet: «Rien n'a changé en ce qui concerne le rôle de l'État comme intermédiaire entre les entreprises souhaitant s'installer dans le pays et leurs futurs employés cubains: c'est une entité gouvernementale, la Empresa Empleadora, qui signe le contrat au nom du personne

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