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Le onzième panchen-lama en otage à PékinPour asseoir sa mainmise sur le Tibet, la Chine cherche à contrôler l'autorité religieuse.

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Publié le 22/09/1995 à 8h06

Gendhun Choekyi Nyima, un petit garçon de six ans originaire du

petit village de Lhari, sur le plateau tibétain de Nagchu (250 km au nord-est de Lhassa), est devenu depuis quatre mois une pièce maîtresse dans l'affrontement qui oppose le dalaï-lama ­la première autorité religieuse et temporelle du Tibet­ et un pouvoir chinois avide de justifier sa souveraineté sur le «pays des neiges». Le dalaï-lama, qui a fui en Inde avec 100.000 de ses fidèles en 1959, proclamait l'enfant, le 14 mai, «manifestation d'Amitabha, Bouddha de la lumière infinie et réincarnation du 10e panchen-lama»­, la seconde autorité religieuse du Tibet. Le régime communiste, qui a annexé le Tibet en 1950, réagit en vitupérant contre cette «nouvelle manoeuvre du dalaï-lama» et décrète «illégale et invalide» la bulle du grand-lama «qui veut diviser la mère patrie». Pour le PC chinois «seul le Conseil d'Etat (chinois) est habilité à confirmer la réincarnation» du précédent panchen-lama, le «grand maître précieux» mort six ans plus tôt. Presque aussi vénéré au Tibet que le dalaï-lama, son ralliement avait servi à cautionner depuis 1950 la mainmise chinoise sur le plateau himalayen. L'enjeu fut jugé tel par Pékin, que le bureau politique du Parti communiste chinois fit enlever fin mai le petit garçon et ses parents, des pasteurs nomades semi-illettrés. Placé dans un avion militaire par une cohorte d'officiels, traité avec tous les égards dus à un prince héritier, Gendhun Choekyi Nyima et sa famille sont acheminés

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