Tokyo,
de notre correspondante Le ministre du Miti (ministère de l'Industrie et du Commerce extérieur), Ryutaro Hashimoto, a été élu hier, sans surprise, président du Parti libéral démocrate (PLD) japonais, un premier pas vers le poste de Premier ministre. Relativement plus jeune que la moyenne des autres grands leaders politiques (58 ans), Hashimoto est un conservateur qui ne craint pas d'incarner la droite nationaliste nippone. Il préside ainsi la très conservatrice Association des familles de soldats japonais morts à la guerre, un puissant lobby pour qui le Japon n'a pas à présenter d'«excuses» pour la politique de conquête menée en Asie dès la fin des années 30. Il ne manque jamais le très controversé pèlerinage annuel au Temple Yasukuni, à Tokyo, où sont enterrés des responsables militaires japonais dont certains sont considérés comme des criminels de guerre. Hashimoto a vu sa popularité grimper en flèche après l'accord automobile Etats-Unis/Japon du printemps dernier. Le ministre du Miti a fait alors la preuve qu'il était capable de tenir tête aux Américains, qualité rare et appréciée sur la scène politique nippone.
Nouveau leader du plus grand parti politique japonais, le ministre du Miti est désormais le mieux placé pour succéder a Tomiichi Murayama, le Premier ministre socialiste qui dirige un gouvernment de coalition avec le PLD. Le passage de témoin pourrait intervenir dans un horizon relativement proche, après le Sommet du Forum de coopération économique de l'Asie




