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Libération

Vive indignation à Okinawa après le viol d'une écolière par trois GI's. La présence envahissante des troupes US est dénoncée au Japon.

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Publié le 23/09/1995 à 8h02

Tokyo,

de notre correspondante Le viol d'une écolière de 12 ans par trois militaires américains, début septembre à Okinawa, a déclenché un ouragan d'indignation au Japon. Les habitants de l'île ont saisi l'occasion pour dénoncer la présence «envahissante» des GI's, accusés d'agir en terrain conquis. L'affaire s'est produite le 4 septembre dans le nord de l'île. L'écolière a été kidnappée par des hommes en voiture, ligotée et baillonnée, elle a été transportée sur une plage, où elle a été violée. La presse japonaise s'est emparée de l'affaire pour remettre sur le tapis l'épineuse question du statut spécial dont bénéficient les 45.000 militaires américains stationnés en permanence au Japon aux frais du contribuable nippon.

Située au sud de l'archipel nippon, à plus de 1.600 kilomètres de Tokyo, la petite île d'Okinawa abrite la plus importante base américaine en Asie. Le contingent compte 29.000 hommes et leurs cantonnements occupent le cinquième de la surface de l'île. Face à l'émotion suscitée par ce que la presse japonaise nomme déjà «l'affaire des soldats américains», Tokyo envisagerait une révision de l'accord sur le statut des forces américaines. L'accord nippo-américain empêche en effet la justice japonaise, en cas de délit commis par des Marines en dehors du service, d'effectuer des gardes à vue. Jusqu'à leur inculpation, les soldats appréhendés restent donc cantonnés dans leur base. Autrement dit, sous juridiction américaine. Or cette disposition a permis dans le passé

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