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Libération

L'Italie diabolise Bettino Craxi . La presse accable l'ancien leader socialiste exilé.

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Publié le 07/10/1995 à 9h30

Rome,

de notre correspondant La simple évocation du nom de Bettino Craxi déclenche encore une véritable hystérie en Italie. Affaibli par le diabète, l'ancien leader socialiste et ex-président du Conseil vit retranché dans sa villa de Hammamet, en Tunisie, sous le coup de plusieurs mandats d'arrêt. Il n'a plus le pouvoir. Ses courtisans ­ ils étaient légion ­ l'ont pour la plupart abandonné. Malgré cette impuissance, il cristallise encore tous les fantasmes de complots et d'occultes manoeuvres.

La semaine dernière, à Milan, lors d'une audience de routine du énième procès pour corruption et pots-de-vin, Paolo Ielo, le plus jeune procureur du pool Mains propres, lance: «Craxi est un criminel patenté... Voila les preuves...» Et de sortir un dossier contenant les enregistrements de conversations téléphoniques et les fax échangés entre Hammamet et l'Italie. On apprend que, sur ordre des juges, un dispositif a été branché depuis janvier pour écouter et transcrire les appels sortant de la péninsule vers la résidence tunisienne de Craxi.

Ce qui a été sans doute l'emportement maladroit d'un jeune procureur se transforme en bombe. Dans la presse, Craxi est décrit comme celui qui tire les ficelles de la droite, pilote de l'étranger son ami Berlusconi, et orchestre les campagnes de diffamation contre les juges, notamment de Milan. L'Homo diabolicus passerait ses jours et ses nuits à glaner des informations, à bâtir des dossiers, à faire chanter ses ennemis. Inévitablement, Licio Gelli et

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