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Interview

«Nous voulons infliger une défaite sérieuse aux Tigres tamouls». Le ministre des Affaires étrangères du Sri Lanka justifie l'offensive militaire.

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Publié le 09/10/1995 à 9h27

L'armée sri lankaise a lancé il y a une semaine une offensive

d'envergure contre le mouvement séparatiste des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE). Les pertes du LTTE, qui contrôle le nord du pays, seraient, selon Colombo, de 300 tués et 250 blessés, contre 52 morts et 123 blessés du côté des forces sri lankaises. L'offensive a été décidée après l'échec, en avril, d'une tentative de négociation, initiée en octobre 1994 par la présidente du Sri Lanka, Chandrika Kumaratunga. Celle-ci a depuis présenté, en août, un projet d'autonomie pour les provinces à majorité tamoule. De passage mercredi à Paris, le ministre des Affaires étrangères du Sri Lanka, Lakshman Kadirgamar, estime néanmoins que la «voie pacifique» demeure l'unique solution à ce conflit entre la minorité tamoule et la majorité cinghalaise, qui déchire l'île depuis douze ans.

Quel est l'objectif de l'actuelle grande offensive lancée par votre gouvernement?

Nous devons montrer à Vellupilai Prabhakaran (le leader du LTTE, ndlr) qu'une solution militaire au problème tamoul est impossible. La force armée étant la seule chose qu'il comprenne, nous ne pourrons l'en convaincre que par le moyen d'une défaite militaire suffisamment sérieuse infligée à ses troupes, par exemple en prenant pied à Jaffna (la deuxième ville du pays, qui sert de QG aux Tigres). Mais notre but ultime est de parvenir à une solution négociée, qui demeure pour nous la seule et unique option envisageable. La guerre n'est qu'un moyen d'arriver à l

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