Le verdict du tribunal d'Al-Ain, aux Émirats arabes unis, qui avait
condamné à mort le 16 septembre la jeune Sarah Balabagan, a été annulé de fait samedi, la famille de la victime ayant renoncé à réclamer la peine capitale. Un communiqué officiel souligne que cette décision est conforme «aux procédures habituelles dans le système judiciaire des Émirats et à la loi islamique». Sarah «était très heureuse, des larmes coulaient sur son visage», en apprenant la nouvelle, a rapporté hier une diplomate des Philippines.
La jeune employée philippine, qui est musulmane, a assassiné de 34 coups de couteau Mohammad Abdallah al-Balouchi, son employeur, après que celui-ci l'a violée, le 19 juillet 1994. Elle pourrait désormais voir sa condamnation commuée en peine de prison. Le tribunal islamique d'Al-Ain doit siéger en appel le 30 octobre pour statuer sur son sort. Sarah, dont on ignore toujours l'âge exact (16 ans selon ses avocats, 29 ans selon les autorités émiraties), pourrait même être pardonnée par le président des Émirats, Cheikh Zayed ben Sultan al-Nahyane, a-t-on laissé entendre à ses parents, devenus foncièrement optimistes. «Ils s'attendent à ce que leur fille soit rapatriée prochainement», a déclaré un diplomate philippin.
L'«affaire Sarah Balabagan», qui mobilisait depuis plusieurs semaines l'opinion publique aux Philippines et à l'étranger, a été désamorcée par l'intervention de Cheihk Zayed. Le chef de l'État était lui-même à l'origine des protestations internationales: il av




