Le gouvernement de Mayawati, la première femme «intouchable» à avoir
dirigé un Etat de l'Union indienne, n'aura duré que quatre mois et demi. L'ancienne institutrice de 39 ans a dû abandonner mardi soir la tête du gouvernement régional de l'Uttar-Pradesh après que la principale formation d'opposition, le Bharatiya Janata Parti (BJP) d'obédience hindouiste et nationaliste, lui ait retiré son soutien. La chief minister (Premier ministre) de cet Etat de 140 millions d'habitants avait pu accéder au pouvoir, le 3 juin dernier, grâce à une alliance «contre-nature» précisément entre le BJP un parti dominé par les hautes castes et sa propre formation, le Bahujan Samaj Party, censée défendre les intérêts des basses-castes et des hors-castes (intouchables). En attendant de nouvelles élections, l'Uttar Pradesh a été placé hier sous l'autorité fédérale de New Delhi.
Un porte-parole du BJP a expliqué la décision de sa formation en affirmant que le gouvernement de Mayavati avait été marqué par le «désordre», qu'il avait «démoralisé la bureaucratie», en transférant les fonctionnaires de hautes castes et qu'il n'avait rien fait contre la corruption. De fait, selon des journalistes locaux, Mayawati avait cédé à une certaine tradition indienne du clientélisme politique en confiant des centaines de postes-clé de l'administration à des «basses-castes». Son programme d'émancipation des «opprimés» était néanmoins demeuré lettre morte, peut-être en raison de la nature bancale de la coalition qu




