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La difficile succession d'Houphouët par les urnesL'opposition ivoirienne boycotte la présidentielle.

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Publié le 21/10/1995 à 9h05

Abidjan, envoyé spécial

Ce dimanche, il ne devait y avoir que des gagnants dans l'élection présidentielle en Côte-d'Ivoire. A commencer par l'héritier constitutionnel de Félix Houphouët-Boigny, l'actuel président Henri Konan Bédié qui, deux ans après la mort du «père de l'indépendance», devait trouver au fond des urnes une légitimité incontestable. Quant à l'opposition du Front populaire ivoirien (FPI), son leader, Laurent Gbagbo ­ après avoir réalisé, avec 18%, un score plus qu'honorable en 1990 lors du premier scrutin pluraliste depuis l'indépendance ­, espérait poursuivre sa progression.

Ce scénario n'avait rien d'illusoire. La réalité est tout autre. Ce dimanche, quels que soient le taux de participation ou le niveau de violence d'un scrutin boycotté par les principales forces de l'opposition, il n'y aura que des perdants. A commencer par Henri Konan Bédié qui, mal élu, n'aura pas les mains libres pour gouverner. Couronné par la machine à faire gagner qu'est l'ex-parti unique, l'«héritier» ne sera toujours pas un successeur. Comment pourra-t-il alors réussir la modernisation de la Côte-d'Ivoire et un meilleur partage des richesses? Déjà, l'opacité entourant les premières privatisations et la désorganisation très organisée de la Douane ivoirienne marquent un retour à la «patrimonialisation» du pouvoir.

L'opposition ivoirienne ne tire aucun avantage de ces faiblesses. En quête d'un raccourci pour accéder au pouvoir, le FPI de Laurent Gbagbo s'est allié au Rassemblement des r

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