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Libération

Okinawa se rebelle contre les bases US. Manifestation, grève des baux, l'île japonaise ne supporte plus les Marines.

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Publié le 23/10/1995 à 9h03

Okinawa, envoyé spécial

Plusieurs dizaines de milliers d'habitants d'Okinawa ­56.000 selon la police et 85.000 selon les organisateurs­ ont manifesté leur refus des bases américaines samedi dans cette île à 1.800 kilomètres au sud de Tokyo aux cris de «soldats américains, quittez Okinawa!», «cinquante ans, ça suffit!» Cette manifestation a dépassé par son ampleur tous les espoirs des autorités d'Okinawa où vivent 1,1 million d'habitants qui espèrent le démantèlement des énormes bases aériennes et navales que l'armée américaine a installées dans l'île il y a un demi-siècle. Il s'agit de la plus grande démonstration de colère depuis la rétrocession d'Okinawa au Japon. Théâtre des combats particulièrement sanglants entre Américains et Japonais entre avril et juin 1945, Okinawa était resté sous administration américaine jusqu'en 1972.

Le ras-le-bol couvait depuis des années déjà. Car non seulement les bases sont omniprésentes ­certaines sont en pleine zone urbaine­, mais leur apport économique pour l'île a chuté du fait de la chute du dollar par rapport au yen. Elles ne représentent plus que 5% de l'économie locale, contre plus de 10% pour le tourisme dont elles gênent l'expansion. En outre, les 27.000 marines et G.I. créent des frictions croissantes avec la population . Le 4 septembre dernier, le viol d'une Japonaise de 12 ans a mis le feu aux poudres. La fillette avait été enlevée en pleine rue, battue et violée par trois hommes sur une plage. Deux marines et un matelot ont été

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