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Portrait

Konan Bédié, le sacre du dauphin en Côte-d'Ivoire. Grandi à l'ombre d'Houphouët, le président sortant a été réélu avec 96% des voix en l'absence de challengers.

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Publié le 27/10/1995 à 9h44

Abidjan, envoyé spécial

Par la grâce des urnes et en l'absence d'un vrai challenger, le «dauphin» est devenu souverain, le successeur de Félix Houphouët-Boigny «Président élu de tous les Ivoiriens». Au pouvoir depuis deux ans, Henri Konan Bédié n'a eu de cesse de le répéter: «Pour l'instant, j'achève seulement un mandat. Une fois élu, je me révélerai.» En attendant, «le pays d'Houphouët-Boigny», seconde patrie pour plusieurs millions de «frères africains», a déjà changé d'identité. Il s'obsède de son «ivoirité», voire dresse une ethnie contre l'autre si ce n'est chrétiens contre musulmans. «La paix n'est pas un mot mais un comportement.» La formule fétiche du «Vieux» accueille toujours le visiteur à l'aéroport d'Abidjan. Mais, pour la première fois, il y a eu des morts au cours d'une campagne électorale.

Né le 5 mai 1934 à Dadiékro, à 250km au nord-est d'Abidjan, dans l'ancienne «boucle du cacao» où s'enracine la légitimité du «planteur président», Henri Konan Bédié ­ surnommé HKB ­ brille dans ses études et, en 1953, devait entrer à la célèbre école William-Ponty à Dakar, pépinière de l'Afrique francophone. Mais il part pour Poitiers, où il obtient une licence de droit, puis un diplôme d'économie. En 1958, à 24 ans, il est rappelé au pays, comme sous-directeur à la Caisse de compensation des prestations familiales. La Côte-d'Ivoire est alors à la veille de son indépendance. L'un de ses rares cadres, HKB est envoyé en «stage accéléré» au Quai d'Orsay, puis fait ses premières

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