Les relations compliquées qu'entretient depuis quelques années la
France avec Taiwan un Etat qu'elle ne reconnaît pas officiellement mais auquel elle a accepté de vendre des frégates et des avions de chasse il y a quelques années ont donné lieu ces derniers jours à une nouvelle guerre des «fuites» qui contribue à brouiller davantage encore la position réelle de Paris vis-à-vis des deux Chines. Tout a commencé dimanche dernier lorsque l'un des plus grands quotidiens de l'île nationaliste, le Lian He Pao, a annoncé que la France avait accepté de vendre 550 missiles anti-aériens Mistral à Taiwan. Alors même que le gouvernement français s'est officiellement engagé, le 12 janvier 1994, pour regagner les faveurs de Pékin à «ne pas autoriser à l'avenir les entreprises françaises à participer à l'armement de Taiwan».
Un modus vivendi qui mettait fin à deux ans de froid entre Pékin et Paris à la suite de la vente à Taiwan d'armements français lourds: entre 6 et 16 frégates de la classe La Fayette et 60 Mirage 2000-5 armés. Le Lian He Pao de dimanche avait affirmé qu'un accord avait été conclu entre la France et Taiwan «à la fin août». Selon le quotidien, l'accord engage la France à respecter ses engagements en matière de livraisons d'armes sans changer de prix ou de qualité, et notamment à fournir les pièces détachées adéquates. Le journal relevait que, dans le passé, le gouvernement français avait imposé à plusieurs reprises un embargo sur les ventes d'armes à Taiwan ou avait




