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Andreotti envoyé devant les assises. L'ex-président du conseil italien est accusé d'avoir commandité un meurtre.

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Publié le 06/11/1995 à 10h33

Rome,

de notre correspondant Rarement les relations entre la magistrature et le pouvoir politique en Italie ont été au beau fixe, mais jamais on avait connu un tel niveau de conflict. Au point que le président de la République a dû intervenir pour dénoncer un «climat empoisonné» qui est en train de mettre en péril la démocratie et, aussi, pour mettre en garde contre le pouvoir absolu des procureurs. De ce début de novembre, les annales retiendront en effet surtout la présence encombrante du juge-shérif qui s'arroge le droit de régler les comptes avec les hommes politiques, anciens et nouveaux. A peine le procureur de Milan venait-il de demander, dans le procès pour les pots-de-vin du métro de Milan, neuf ans de détention pour l'ancien secrétaire socialiste et ex-président du Conseil Bettino Craxi ­présenté comme «le deus ex machina du système de corruption»­ une nouvelle foudre s'est abattue sur un autre ancien président du Conseil, Giulio Andreotti.

L'ex-leader démocrate-chrétien comparaît déjà depuis plus d'un mois devant le tribunal de Palerme pour y répondre d'association mafieuse. Le juge des enquêtes préliminaires de Perouse vient à son tour de le renvoyer devant la cour d'assises pour le 2 février prochain. Il est accusé d'avoir commandité un meurtre, en concours avec son collaborateur, Claudio Vitalone, ancien magistrat et ancien ministre du Commerce extérieur, ainsi qu'avec une belle brochette de mafieux de haut vol. Andreotti aurait fait intervenir les sicaires de

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