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Libération

Le Nigeria en accusation au sommet du Commonwealth

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Publié le 10/11/1995 à 10h24, mis à jour le 10/11/1995 à 10h24

Au palmarès de ses préoccupations, le Commonwealth troque le pays de l'apartheid contre «un pays volé par des généraux»: en même temps qu'ils célèbrent les retrouvailles avec l'Afrique du Sud, absente de leurs réunions depuis 1961, les leaders de 52 Etats anglophones sont sommés de sanctionner, voire d'exclure le Nigeria, pour cause de dictature militaire. «Nous ne pouvons accepter qu'il y ait deux poids et deux mesures», a ainsi expliqué, à la veille du Xe sommet du Commonwealth qui s'ouvre aujourd'hui dans la capitale néo-zélandaise, Wole Soyinka, écrivain nigérian et prix Nobel de la littérature. «Nous refusons qu'on rejette le mal quand il est le fait des Blancs contre des Noirs, mais qu'on l'accepte quand le coupable est noir et les victimes aussi.»

Pour le moins, la junte militaire au pouvoir à Lagos, n'a pas facilité la tâche de ceux qui étaient encore prêts à défendre sa cause. A quarante-huit heures de l'ouverture du sommet d'Auckland, elle a confirmé les condamnations à mort par pendaison, infligées la semaine dernière, par une juridiction d'exception dite «tribunal pour les troubles de l'ordre public», à Ken Saro-Wiwa et neuf autres partisans du Mouvement pour la survie du peuple ogoni (Mosop). Cette ethnie vivant dans l'estuaire du Niger, qui est une éponge à pétrole, lutte depuis 1990 contre la dégradation de son environnement et pour une meilleure répartition des richesses tirées de son sous-sol dans le cadre d'une large autonomie politique. Au terme d'un procès

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