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Portrait

Ken Saro-Wiwa, martyr pacifiste de la cause ogoni.

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Ecrivain renommé, il s'était entièrement voué au combat pour l'autodétermination du peuple ogoni.

Publié le 13/11/1995 à 10h21, mis à jour le 13/11/1995 à 10h21

Il a fallu cinq tentatives pour lui briser le cou, par pendaison, vendredi dernier à 11 h 30 locales, dans la prison de Port Harcourt où, avant le personnel pénitentiaire, ses bourreaux étaient arrivés dès 5 h du matin. «Dans quel genre de pays sommes-nous?», leur aurait demandé Ken Saro-Wiwa, a rapporté hier A.M.News, un journal nigérian indépendant. Cette question, au nom du peuple ogoni qui était le sien, l'écrivain n'a cessé de la poser depuis cinq ans. «Mon père aurait pu vivre une vie très confortable, mais il a choisi de lutter pour le peuple et l'a payé de sa vie», a déclaré hier son fils, ajoutant: «Il avait prédit que cela pouvait se terminer de cette façon.»

Président-fondateur en 1990 du Mouvement pour la survie du peuple ogoni (Mosop), Ken Saro-Wiwa, alors déjà un écrivain renommé et, en raison d'une série télévisée, connu d'un large public nigérian, s'est entièrement consacré au combat pour l'autodétermination ogoni et un meilleur partage des richesses du pétrole. Au point de ne plus écrire que le Génocide du peuple ogoni, son seul ouvrage des années 90, les autres ­ comme Tambari, Songs in a Time of War, Forest of Flowers et Prisoners of Jebs ­ datant des deux décennies précédentes. Résolument non-violent, ayant choisi «Liberté, paix et justice» comme devise de son mouvement, Ken Saro-Wiwa, né en 1942, a voulu tirer les leçons de la guerre du Biafra, la tentative sécessionniste du sud-ouest nigérian qui, entre 1967 et 1970, avait fait un million de morts, dont

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