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Libération

La mise au ban très calculée du Nigeria

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Aucun pays n'est prêt à imposer un embargo pétrolier à la junte nigériane.

Publié le 13/11/1995 à 10h21, mis à jour le 13/11/1995 à 10h21

La communauté internationale a exprimé, dans les mots de Nelson Mandela, «son dégoût et sa réprobation» après la pendaison, vendredi, de l'écrivain Ken Saro-Wiwa et de huit autres opposants du Mouvement pour la survie du peuple ogoni (Mosop), mais elle ne s'est pas résolue à imposer un embargo pétrolier à la junte nigériane. Réuni pour son Xe sommet à Auckland, le Commonwealth a «suspendu» le Nigeria et l'expulsera de ses rangs si, dans deux ans, son gouvernement ne respecte toujours pas les libertés publiques et les droits de l'homme. De leur côté, les quinze pays de l'Union européenne ont suspendu leur aide au développement et rappelé «en consultation» leurs ambassadeurs, seul le représentant de l'Espagne, qui assure actuellement la présidence tournante, restant dans la capitale nigériane, Abuja, pour remettre une «vive protestation» aujourd'hui. Enfin, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont mis un terme immédiat à leurs ventes d'armement.

Ces mesures punitives se sont heurtées à l'incompréhension agressive de la junte nigériane. «Cela veut dire qu'on ne veut pas de nous et que, quoi que nous fassions, ça ne changera rien aux sentiments qu'on nous porte en ce moment», a déclaré un porte-parole invoquant une «conspiration préméditée». Selon le lieutenant-colonel Dauda Komo, «la loi a simplement suivi son cours», après l'assassinat, en mai 1994, de quatre chefs ogonis. Moins provocateur, un conseiller du général-président Sani Abacha a affirmé que le régime était «pleineme

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