La France s'apprête à vendre une quarantaine de Mirage 2.000-5 à
Islamabad, pour près de 15 milliards de francs, alors qu'elle s'était toujours refusée, pour des raisons aussi bien financières que géostratégiques, à donner le feu vert à ce contrat. Paris a également donné il y a quelques semaines son accord de principe à la vente de 550 missiles Mistral à Taiwan (Libération du 27 octobre), risquant ainsi à nouveau un refroidissement diplomatique avec la Chine. Dans les deux cas, la logique diplomatique voudrait que Paris s'abstienne. Pourtant, la politique étrangère de la France semble en passe d'être modifiée par la nécessité de maintenir en vie une industrie d'armement mise à mal par la réduction draconienne des crédits militaires français.
Depuis de nombreuses années, le ministère français de la Défense et Dassault font le siège de Bercy pour obtenir la garantie de la Coface au montage financier de cette opération. En vain. Bien que le Pakistan ait la réputation de payer rubis sur l'ongle ses achats d'armement, le pays ne roule pas sur l'or. Et il n'a toujours pas fini de payer les trois sous-marins français Agosta vendus en septembre 1994 pour 5 milliards de francs. Les hauts fonctionnaires du ministère des Finances, aujourd'hui, sont donc très gênés. Ils n'ont pas changé d'avis sur le risque que représente un tel contrat. Mais ils préfèrent s'asseoir sur leurs états d'âme plutôt que de se trouver contraints, dans quelques mois, de renflouer des groupes d'armement asséchés




