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Libération

Les ripoux du miracle sud-coréen. Un gros scandale de corruption menace la survie du gouvernement.

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Publié le 16/11/1995 à 10h11

Roh Tae-woo, qui fut président de la Corée du Sud de 1987 à 1993,

n'a jamais été considéré comme un monsieur Propre. Sa popularité était loin d'être sans faille. Mais les Sud-Coréens n'en reviennent tout de même pas de voir cet ancien «héros national» (général d'armée, il a combattu pendant la guerre du Viêt-nam), cet homme qui a présidé au «miracle économique sud-coréen» et dont la réputation a été couronnée sur la scène internationale par les J.O. de Séoul (1988), menacé aujourd'hui de finir sa carrière entre quatre murs. Derrière sa disgrâce, c'est l'ensemble du système politique sud-coréen qui semble remis en cause.

L'arrestation et l'inculpation de Roh, qui serait sans précédent pour un hôte de la Maison Bleue, le siège de la présidence, semblait hier imminente. Agé de 62 ans, il pourrait être incarcéré dès aujourd'hui, selon la télévision nationale, sous l'accusation d'abus de biens sociaux et recel d'abus de biens sociaux, selon l'agence Yonhap. L'ex-homme fort de la Corée du Sud, qui est accusé de son propre aveu d'avoir utilisé 654 millions de dollars (environ 3,2 milliards de francs) de fonds secrets, a été a nouveau interrogé mercredi sur cette affaire d'argent qui secoue depuis octobre tous les états-majors politiques du pays.

L'ampleur du scandale est sans précédent. La famille de Roh, qui a été interrogée, aurait profité de ces fonds. L'opposition, comme le parti au pouvoir, et même l'actuel président, Kim Young-sam, sont soupçonnés d'avoir bénéficié de cette giga

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