Les 18 pays du Forum économique de l'Asie-Pacifique, l'Apec (Asia Pacific Economic Cooperation), sont tombés d'accord hier à Osaka (Japon) sur un projet de mise en place du libre-échange en Asie-Pacifique à l'horizon 2020. Un accord de compromis, puisque le texte demeure suffisamment vague pour permettre aux pays riverains du Pacifique de mettre une sourdine à leurs divergences. Les pays de l'Apec (voir repère) représentent une force commerciale considérable: près de 60% de la richesse mondiale et la moitié des échanges commerciaux de la planète. En outre, l'Asie-Pacifique est la seule zone en forte croissance dans le monde. Mais le paradoxe est que l'Asie des «Dragons» et des «Tigres» est en même temps l'un des univers les plus protectionnistes du monde. Le Japon en est l'un des archétypes. A la question d'un journaliste qui lui demandait si l'accord signifiait que Tokyo ouvrirait son marché du riz dans quinze ans, un ministre japonais a répondu: «Nous verrons.»
Reste que l'Apec n'est pas pressée de remédier à ses travers protectionnistes. Son objectif déclaré de créer une zone de libre-échange ne doit pas aboutir avant un quart de siècle, en l'an 2020. La structure de l'Apec est, en outre, consensuelle, et doit le rester, même si les Etats-Unis semblent un peu plus pressés que les autres. Pour Washington en effet, l'Apec est avant tout un moyen devant lui servir à ouvrir les marchés asiatiques, si prometteurs. L'Europe ne s'y trompe pas, puisqu'elle tente de mettre en oeuvr




