Les ministres européens des Affaires étrangères ont entériné, hier à
Bruxelles, les mesures punitives recommandées après la pendaison, le 10 novembre, de l'écrivain nigérian Ken Saro-Wiwa et de huit autres opposants du Mouvement pour la survie du peuple ogoni (MOSOP). Ces sanctions mettent fin à toute livraison d'armes ainsi qu'à l'octroi de visa pour les membres et proches de la junte militaire au pouvoir au Nigeria. Sur le plan bilatéral, la Grande-Bretagne, l'ancienne puissance coloniale, pourrait décider, par ailleurs, le gel des avoirs à l'étranger des dirigeants nigérians, a révélé hier, de retour d'un «voyage de concertation» à Londres, le secrétaire général de l'ANC sud-africain, Cyril Ramaphosa. Hier matin, Nelson Mandela s'est entretenu avec la direction de Shell-Afrique du Sud pour lui demander de faire pression sur le régime nigérian. Un porte-parole de l'ANC a qualifié l'écho rencontré comme «profondément décevant».
Dans un entretien publié dans le quotidien allemand Die Welt, le PDG de la maison mère anglo-néerlandaise Royal Dutch-Shell, Cornelius Herkstroeter, a exclu tout retrait du Nigeria «tant qu'il n'y a pas de boycott pétrolier de l'ONU». Il a estimé qu'en investissant dans la liquéfaction du gaz nigérian, Shell «n'aide pas le régime actuel mais les gens sur place et l'environnement». Ce week-end, à la suite d'accusations portées contre elle par le frère de Ken Saro-Wiwa, Shell a reconnu des «rencontres secrètes» avec le docteur Owens Wiwa, sans toutefois




