Wei Jingsheng, le père du mouvement pour le respect des droits de
l'homme en Chine, a été officiellement placé hier en état d'arrestation pour avoir «tenté de renverser» le gouvernement, a annoncé l'agence Chine nouvelle. Wei, qui s'illustra en 1979 par son célèbre pamphlet «la Cinquième Modernisation: la démocratie», fut cette année l'un des candidats pour l'attribution du prix Nobel de la paix. Après avoir passé quatorze ans et demi en prison (1979-1993) pour «crimes contre-révolutionnaires», puis sept mois en liberté, et enfin 20 mois de mise au secret jusqu'à aujourd'hui, le militant va à nouveau disparaître pour longtemps dans les oubliettes de ce que les associations de défense des droits de l'homme appellent le «plus vaste système de prisons du monde».
Le gouvernement chinois lui reproche en réalité ses écrits publiés à l'étranger et ses interviews avec des journalistes étrangers pendant ses sept mois de liberté, de septembre 1993 à avril 1994. Il ne fait guère de doute que les autorités chinoises sauront organiser, comme elles l'ont fait en 1979, la parodie de procès qui conduira à sa condamnation. Au vu de la gravité du chef d'accusation, qualifié d'«absurde» par sa famille, il encourt une peine allant de dix ans de prison à la peine de mort, selon le code pénal chinois. «Mon frère risque d'être très lourdement condamné, sa vie est désormais sans espoir», a commenté hier Wei Ling, la soeur de Wei, auprès d'un journaliste de l'AFP. Durant sa première incarcération, Wei




