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Libération

Carter réunit l'Afrique des grands lacs au Caire. Au coeur du sommet sur le Rwanda et le Burundi: le sort de trois millions de réfugiés.

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Publié le 28/11/1995 à 9h52

Jimmy Carter réussirait-il là où la communauté internationale a

échoué? Alors que les Nations unies ont dû abandonner leur projet d'une «grande conférence régionale» au sujet du Rwanda et du Burundi, l'ancien président américain doit ouvrir, aujourd'hui au Caire, un sommet réunissant, outre les présidents des deux patries des Hutus et des Tutsis, leurs voisins immédiats, le Zaïre, l'Ouganda et la Tanzanie. «C'est une des dernières chances pour trouver une solution aux problèmes de la région», a déclaré Jimmy Carter, depuis dix jours en tournée en Afrique de l'Est. «Demain pourrait déjà être trop tard», a surenchéri, ce week-end, le cardinal Etchegaray, en charge du dossier au Vatican. «Tout le monde craint le pire.»

Après le génocide au Rwanda, l'an dernier, et avec le Burundi voisin en état de guerre civile de moins en moins larvé, avec la multiplication des incursions armées dans ces deux pays et, au total, toujours près de trois millions de réfugiés agglutinés aux frontières, le pire est presque sûr. D'autant que la réconciliation nationale au Rwanda semble plus que jamais éloignée et que d'autres conflits régionaux, notamment au Sud-Soudan, dressent l'un contre l'autre l'Ouganda, le Kenya et le Zaïre. Que les cinq présidents des pays des grands lacs ne se soient estimés en sécurité qu'au Caire en dit déjà long. Que Jimmy Carter ait besoin d'associer, en guise de coprésidents du sommet, l'archevêque du Cap, Desmond Tutu, et l'ancien président tanzanien, Julius Nyerere, mo

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