L'ancien ministre de la Justice Robert Badinter s'est proposé lundi de prendre la défense de Wei Jingsheng, le dissident chinois qui fut, en 1978, à l'origine du mouvement pour le respect des droits de l'homme en Chine. Wei Jingsheng, qui fut candidat pour le prix Nobel de la paix cette année, a été inculpé le 21 novembre de «crime de complot en vue de renverser le gouvernement». Il encourt de dix ans de prison à la peine de mort, selon le code pénal chinois. Sa famille, qui ne parvient pas à trouver un avocat pour le défendre en raison des pressions de la police politique, a donc fait appel à Robert Badinter. L'ex-président du Conseil constitutionnel a expliqué à Libération que bien qu'il n'exerce plus le métier d'avocat depuis 1981, il a accepté «par devoir» et attendait de ce fait que les autorités de Pékin veuillent bien lui délivrer un visa.
«Tout le monde sait ce que représente Wei Jingsheng en Chine comme symbole de la démocratie, explique Badinter. Il a écrit en 1978 ce célèbre texte: La Cinquième Modernisation: la démocratie.» Au cours de sa longue carrière, Robert Badinter a déjà assuré ou participé à la défense de plusieurs personnalités étrangères, au Sénégal, en Grèce, ainsi qu'au Pakistan lors du procès d'Ali Bhutto (1978). «Wei Jingsheng est un héros de la liberté. Servir sa cause est vraiment une obligation que je qualifierais de morale au premier chef.»
Agé de 44 ans, le dissident a déjà purgé quatorze ans et demi de prison de 1979 à 1993 pour «crime contre ré




