Par une curieuse coïncidence du calendrier officiel, les
représentants des trois plus grands pays communistes la Chine, Cuba et le Viêt-nam se sont croisés cette semaine à Pékin. Il ne manquait plus que la Corée du Nord et le Laos pour que ce qui reste du monde communiste soit réuni dans la capitale chinoise. Les supputations sont allées bon train sur la tenue d'une éventuelle rencontre à trois entre le président cubain, Fidel Castro, le chef du Parti communiste vietnamien, Do Muoi, et le président chinois, Jiang Zemin. Le sommet des derniers communistes n'a pas eu lieu. Mais les convergences sont néanmoins patentes. Le «label chinois» déteint manifestement sur cet ensemble hétéroclite, qu'il s'agisse d'expressions (le «socialisme aux caractéristiques chinoises» si cher à Deng Xiaoping est devenu dans la bouche de Castro le «socialisme aux caractéristiques cubaines») ou de leurs positions en matière de droits de l'homme ou sur l'«Occident» taxé d'«hégémonisme».
La réconciliation entre la Chine et Cuba, brouillées pendant trente ans, s'est opérée voilà juste deux ans (novembre 1993), lorsque le président Jiang Zemin s'est rendu à La Havane. Depuis, Cuba est inondée de vélos chinois et la Chine, érigée en modèle incontournable.
Les relations sino-vietnamiennes sont plus complexes. Les choix de Hanoi empruntent assurément la voie chinoise des réformes économiques alliées à la rigidité politique. La réconciliation date de novembre 1991, mais le souvenir de l'époque où le Viêt-n




