Cotonou, envoyé spécial
L'enthousiasme pour la francophonie s'accommode mal de calculs. Quel est le budget d'un mouvement de quarante-sept pays «ayant le français en partage» et prétendant vouloir défendre, à l'échelle planétaire, «la diversité culturelle» dans les écoles, l'édition et, bientôt, sur les «autoroutes de l'information»? 420 millions de francs, l'audiovisuel mis à part. Soit, en ratissant large parmi les «locuteurs occasionnels du français», 2 francs par francophone. Or, combien coûte l'organisation du sommet de Cotonou, plutôt moins flamboyant que ceux qui l'ont précédé: environ 200 millions de francs. Conclusion: sans même tenir compte des frais d'autres instances de la francophonie, celle-ci existe moins pour la défense et l'illustration du français qu'en tant qu'institution. Une institution pour quoi faire? C'est toute la question qui, à Cotonou, sera enfin tranchée.
Aussi irrésistible que lente, la politisation de la francophonie sera pleinement assumée dans la capitale béninoise, vingt-cinq ans après sa naissance institutionnelle, en 1970 à Niamey, au Niger. Le sommet décidera, en effet, de se doter d'un secrétaire général comme les Nations unies qui sera «le porte-parole politique et le représentant officiel de la francophonie au niveau international». Ses attributions «s'inscrivent principalement dans une démarche politique», précise la résolution, pour ne laisser subsister aucune ambiguïté. Aussi, l'Agence de coopération culturelle et technique (AC




