Cotonou, envoyé spécial.
Jacques Chirac a tranché hier, à Cotonou, en marge du sommet de la Francophonie, un conflit institutionnel franco-français en mettant fin aux velléités d'absorption du Quai d'Orsay à l'égard du ministère de la Coopération. Contredisant son ministre des Affaires étrangères qui, à la mi-septembre, avait annoncé la «fusion» des deux ministères fin 1996, le Président a réaffirmé «le caractère privilégié des relations avec un certain nombre de pays africains qui appartiennent en réalité à une seule et même famille», ajoutant, sans la moindre ambiguïté: «Je peux vous dire, ici à Cotonou, il y aura toujours en France, en tous les cas tant que j'assumerai mes responsabilités, un ministère de la Coopération indépendant ayant ses moyens et son identité.»
Le sommet de la Francophonie s'est heurté à la question de la politisation du mouvement qui, souhaitée par tous, ne se pratique pas dans l'unanimité. Alors que le consensus était la règle lors des précédents sommets, les quarante-sept chefs d'Etat et de gouvernement réunis depuis samedi à Cotonou, ont âprement débattu du Rwanda, du Nigeria et de l'Algérie. La sourde rivalité franco-canadienne s'est ranimée au sujet d'une initiative d'Ottawa visant, vainement, à faire nommer un «monsieur médiation», chargé des conflits naissants entre pays membres de la «famille» francophone.
Samedi, tous les orateurs avaient appelé de leurs voeux une politisation du mouvementa destiné à devenir selon le Président béninois «une




