La grande réforme institutionnelle, qui culminera dans deux ans avec
la nomination d'un secrétaire général, «porte-parole politique» du mouvement, a été mise sur les rails, mais, en attendant, la Francophonie reste un lieu d'incantation et une machine à voter des résolutions. Tel est le bilan du VIe sommet des désormais quarante-neuf pays ayant le français en commun. Avant-hier, à la clôture, sur les trois grands thèmes du sommet que devaient être l'enseignement de base, les autoroutes de l'information et l'aide internationale au développement, aucune décision concrète n'a été annoncée. Jusqu'au prochain sommet, qui se tiendra en 1997 à Hanoi, la Francophonie demeurera davantage préoccupée par la compétence de ses organes que par le contenu de ses programmes.
«Il ne faut pas confondre l'efficacité et le tam-tam», a sèchement répondu Jacques Chirac, lors de la conférence de presse finale, ajoutant: «En matière de droits de l'homme, il ne faut pas vouloir donner des leçons publiquement à tout le monde.» Ainsi était évacuée la pusillanimité des résolutions politiques adoptées au sujet du Nigeria et du Rwanda, et abandonné tout ce qui risquait de mettre en question l'Algérie, par peur de «lier les mains à Zeroual». Restait «l'espace de solidarité»: Jacques Chirac a ânonné que l'aide internationale au développement sera «le premier point à l'ordre du jour» du prochain sommet du G 7, en juin 1996 à Lyon, où, une première, seront conviés le directeur général du FMI et le président de




