Emotion dans le monde fermé du business religieux au Japon. Quatre prêtres bouddhistes viennent d'être placés sous les verrous à Nagoya pour avoir extorqué des millions de yens à leurs fidèles. Des affaires de ce genre éclatent rarement au Japon. Mais, fait exceptionnel, les victimes, des femmes pour la plupart, ont porté plainte. Plus rare encore, la police a immédiatement arrêté les coupables après des perquisitions massives dans les principaux lieux du culte. Or on ne s'attaque pas impunément aux organisations religieuses au Japon. L'incroyable imbroglio de l'affaire Aum Shirinkiyo, la secte qui a dispersé du gaz mortel dans le métro de Tokyo en mars dernier, le prouve.
S'il est rare que des fidèles portent plainte contre une secte pour extorsion de fonds, les histoires troubles mêlant religion et grosses sommes d'argent sont fréquentes dans l'archipel. L'essentiel de leurs fonds, les organisations religieuses le tirent de l'immense marché du religieux au Japon: rites du passage de l'an, rites funéraires, cérémonies de mariage, etc. Autant de rituels payants et chers. A Tokyo, le coût moyen d'une cérémonie funéraire dépasse 1 million de yens (50.000 francs). A cela s'ajoutent les messes commémoratives ainsi que l'attribution d'un nom bouddhique (kaimyo) au défunt. En fonction du nombre de caractères chinois inscrits sur la tablette mortuaire et de la notoriété de la secte bouddhique à laquelle la famille est affiliée, la pratique du kaimyo peut se révéler très lucrative, e




